Plumes
Une plume
Sur le bitume
C’est un peu comme l’écume.
De la beauté
Échouée
Là, sur le pavé.
Ephémère
Légère-
-Té
Atté-
-rie
Sans préavis.
Les plumes sont comme les écailles.
Sans elles,
Ils se les pellent
Ils se les caillent
Les hirondelles
Les cailles
Et autres volatiles
Si fragiles.
Nous autres, nuisibles
Sommes insensibles
à leur sort.
Alors, on sort
les tronçonneuses,
les pelleteuses
pour arracher les haies.
Pour nous cacher,
Du regard d’autrui.
On détruit.
Puis, on creuse des tranchées.
Et l’on construit
Des murs.
Des clôtures
En dur.
Out le végétal.
On installe
Des écrans, en plastiques verts.
C’est fantastique
Le plastique.
Et en vert,
C’est écolo.
Trop rigolo.
Et puis, et puis…
Il y a le silence.
Plus de jactance.
Les oiseaux ont fui.
Plus d’habitat.
Simple constat.
Tout ça
Pour un jardin extraordinaire.
Pas si extra.
Et tellement ordinaire.
Dans l’air,
que des mouches
et des moustiques.
Ils n’ont pas l’air
Mais ils sont farouches
Et ils piquent.
Piquer ma colère
Avec quelques stères
de mots.
Juste quelques mots,
quelques palabres
pour tenter d’enrayer le macabre,
le funeste destin
de nos amis à plumes.
Un beau dessein
écrit…sans plumes.